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Je ne vous ai jamais parlé d’Oloron…

Alors c’est le moment de corriger ce manque. Vous ne connaissez certainement pas Oloron Sainte Marie, du moins pour mes quelques lecteurs venus des contrées lointaines de la région parisienne ou d’ailleurs.

Michel Fabre, dans la préface de son livre « Petite histoire d’oloron et de Sainte-Marie » écrit ceci :

Cette glorieuse cité…
Pendant les années que l’on se serait gardé de dire « folles », la petite ville d’Oloron, capitale du Haut Béarn et « reine des trois vallées », à une altitude variant de 200 à 270 mètres, pouvait paraître paisible et sans histoire aux autochtones. Toutefois, il n’en fut pas ainsi pour le turbulent romancier de L’insoumise, un drôle de bonhomme que ce Pierre Fraudet, baptisé Frondaie par Pierre Louys, un coureur de jupons commençant le voyage en hispano par « l’obscure ville d’Oloron, dont chaque demeure est orgueilleuse et cadenassée comme une banque », le Béarnais étant secret par nature, chacun le sait. Oublions ce qu’écrit avec une acrimonie capricieuse cet original époux de Jeanne Loviton, laquelle, plus tard, sera la dernière égérie de Paul Valéry. Oublions pour ne retenir que la métaphore suivante : « Cette sombre cité catholique écrasée sous le soleil comme une grappe de raisin noir, semble destinée à mûrir sur sa colline sans être cueillie par les siècles.. Oloron, en effet, conserve une immuable grâce rustique, mais l’auteur de L’Homme à l’hispanose trompe en affirmant : « A Oloron les âges se suivent et se ressemblent.. Il ne sut pressentir que l’aurore du XXIe siècle offrirait à la ville de Louis Barthou un jeune et pétillant maire, passionné d’histoire depuis son enfance, de l’histoire de sa ville, Hervé Lucbéreilh, qui précisément, exhale la pétulance souriante du glorieux ministre mort pour la France. On nomma ce dernier : « Vif argent », sobriquet qui lui sied tout aussi bien ; par sa personnalité fougueuse, le nouveau maire prouve que les âges s’y suivent mais ne s’y ressemblent pas. Oloron est une ville vivante, au rebours de ce qu’affirme Pierre Frondaie ; même « aux heures chaudes de la journée », il y a du monde dans les rues, non pas « immobiles, beaucoup plus de monde que les « quelques chats mal nourris, entre deux sommeils réticents dansant sur les pavés pointus ». Des chats mal nourris pour étayer la suspicion de ladrerie qui n’est pas le propre du Béarnais et que ne peuvent encore tolérer les Oloronais. Il paraît que, pendant l’entre-deux guerres, le rentier économisait non seulement ses rentes mais les rentes de ses revenus. Ce qui donne à penser qu’il faisait confectionner sa soupe avec l’eau de la salade. Pierre Daguerre, sous-préfet d’Oloron en 1928, après la suppression de la sous-préfecture d’Orthez, fait preuve d’un peu plus de doigté dans sa monographie : « Cette glorieuse cité (…) a l’élémentaire et cependant rare sagesse d’édifier sa fortune par le travail, sans rien devoir au hasard. Elle conserve, ajoute-t-il, par éducation et par origine, le goût des gains réguliers et de la vie tranquille et sûre ». Autrement dit, Oloron est une cité typiquement béarnaise et, de plus, tellement harmonieuse avec ses gaves cabriolant,  » plus capricieux qu’un isard qui ferait ses premières cornes» disait Jacques Dyssord. L’histoire d’Oloron nous reporte bien plus loin que celle de Pau, laquelle commence au Xe siècle seulement.
A Oloron il y a des Oloronais, descendants des Espagnols, des Maures, des Vascons, bref des béarnais (et quelques basques), bourrus, méfiants, un peu montagnards, il faut les mériter. Mais aprés ça, c’est gagné, si t’es adopté et que tu adoptes, t’es le roi.

A Oloron il y a les gaves, venus des vallées pyrénéennes d’Aspe et d’Ossau, on voit le fond, il y a même des poissons (truites, saumons)… incroyable non ?

A Oloron, il y a trois villes, ne cherchez pas le centre-ville mais les centres-ville.

  • Sainte-Marie, la pieuse. Festive et gourmande elle vous enchante, vous ne voulez pas la quitter. J’y ai passé mon enfance, j’y reviendrai bientot (pas sur mon enfance mais à (Sainte-Marie).
  • Sainte-Croix, la noble devenue populaire. Son église veille sur les vallées du Haut-béarn, ses maisons vous parlent, son calme vous happe. Vous ne la quitterez plus.
  • Notre-Dame, la petite dernière. La porte de la cité, chouchoutée par nos élus, elle fait neuve. Wait and see.

A Oloron il y a aussi la garbure et son championnat du monde « La Garburade » qui se déroule le premier week-end de septembre, les fêtes de la Saint-Grat au mois d’octobre. Hé oui !!! L’automne à Oloron c’est festif.

A Oloron, il y a aussi des Anglais qui font monter les prix de l’immobilier. Parce que les oloronais, eux, ils z’en veulent pas du pognon des rosbeefs… non non, je vous jure.

A Oloron, il y a surtout de l’avenir. Je l’ai toujours su, pas certains… Tant pis pour eux.

Les photos qui illustrent ce post ont été honteusement repiquées sur le site de la ville d’Oloron.

Catégories :Celui qui est béarnais

Tagué:

David Castéra

3 réponses

  1. J’ai modestement envie de compléter le tableau et de dire que depuis peu (2 mois en fait) à Oloron, enfin tout près, il y a un petite famille d’ex-parisiens qui a fui le bruit et le stress pour venir en conscience s’y installer, amoureux des paysages du Haut-Béarn et confiants dans l’avenir de cette cité.

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  2. Bonjour Gilles,

    comment se passe votre intégration à Oloron ?
    Je crois que nous sommes presque voisin… A l’occasion pour un café…

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  3. Bonjour David,

    Je vous réponds sur mail perso pour ne pas ennuyer vos lecteurs.
    a tout de suite

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